07/05/2020

INTERVIEW DE SÉBASTIEN ARNAUX - DIRECTEUR GÉNÉRAL EPCC PONT DU GARD


 1) Quels sont pour vous les meilleurs atouts du Gard pour rebondir, dans votre domaine ?

Aujourd’hui, le réel atout pour rebondir, ce sont les hommes et les femmes qui font le tissu de l’économie touristique de notre département, ce sont les professionnels du tourisme, les hébergeurs, les restaurateurs, les artisans, les producteurs locaux, les acteurs culturels et toutes les petites et moyennes entreprises qui proposent des services à nos visiteurs et bien sûr les grands sites touristiques.

Ce tissu là, c’est notre force !

Et dans la période que nous traversons, il est essentiel de soutenir leurs initiatives, il faut s’unir et s’entraider pour passer le cap de cette crise économique qui va durer pour les entreprises de ce secteur en 2020 et continuer en 2021. L’urgence c’est de concentrer les financements aux soutiens des professionnels en les écoutants, en soutenant leurs initiatives. Il est fondamental de sauver l’économie du tourisme, les emplois permanents et les emplois saisonniers qui y sont liés.

 

2) Pensez-vous que pour le secteur touristique, il y aura un avant et un après COVID ?

Sans hésitation oui. Il est évident depuis longtemps que le secteur du tourisme doit se transformer, c’est encore plus vrai aujourd’hui. Nous allons devoir nous réinventer complètement et de fond en comble. Mais nous devrons le faire sans laisser personne au bord de la route, s’inscrire dans la durée, mais il ne faut plus perdre de temps. Nous devrons repenser la place du visiteur et de l’offre que l’on va lui proposer. Nous devrons repenser la relation entre les professionnels du tourisme et les institutions, repenser le millefeuille de l’organisation touristique de notre pays pour plus d’efficacité et d’efficience de la dépense publique. Je suis convaincu que les grands sites touristiques, comme le site du Pont du Gard sont aujourd’hui des maillons essentiels pour repenser l’action publique. Il va falloir réinventer des politiques publiques touristiques. De même, il va falloir retrouver un bon équilibre entre la vision du tourisme vendu comme un produit, avec cette nécessite de replacer de la proximité, de l’humain. Le visiteur n’est pas qu’une cible marketing. Il faudra retrouver une vraie proximité avec tous les savoirs faire. Il faut du cousu main et nous ne pouvons le faire que par territoire. Il faudra trouver le bon équilibre entre une vision macro et une plus proche du terrain, une vision de proximité. C’est l’une des clefs de la réussite il faut accompagner ce tournant local. Les impératifs écologiques prennent une place déterminante, les idées de circuits courts, de transport doux, de paysage, de sobriété, de singularité font de la proximité une valeur en soi. C’est un beau chantier qui s’ouvre devant nous.