18/05/2020

INTERVIEW DE BENJAMIN SERVET - CHIEF DESIGN OFFICER À L'OPEN TOURISME LAB

Afin de faire émerger le plan d’actions de relance, la méthode design thinking a été déployée par Gard Tourisme et 5 ateliers ont été organisés en 5 jours début mai par Benjamin Servet, Chief Designer Officer à Open Tourism Lab. 20 participants, Offices de Tourisme, personnel de Gard Tourisme et Gîtes de France ont ainsi suivi ces ateliers.

Thématique des 5 ateliers :

  • Répondre à la crise
  • Générer des clients
  • Relancer la consommation locale
  • Accompagner la mise en marché BtoB
  • Préparer l’avenir

Découvrez ci-dessous l'interview de Benjamin Servet, Chief Designer à l'Open Tourisme Lab


1) Vous venez d’animer avec le collectif Gard Tourisme et les Offices de Tourisme du Gard divers ateliers, selon la méthode Design Thinking ? Pouvez-vous nous dire quels sont les avantages d’une telle méthode ? En quoi consiste-t-elle ?

La méthode design thinking est une méthode très efficace qui permet d’obtenir dans un délai court de bons résultats. Elle est composée de 3 phases bien distinctes, une première phase d’observation, d’écoute des problématiques, on identifie et on écoute, une phase d’idéation qui permet de regrouper les problématiques identifiées, transformer les idées en concept, et une dernière phase que l’on appelle d’implémentation où il s’agit d’être créatif, c’est la mise en œuvre.

Cette méthode est pragmatique et surtout permet une adéquation entre les décisions et l’engagement des moyens avec les besoins et attentes du territoire.

Ce que nous venons de pratiquer avec le Gard est pratiqué par de nombreuses institutions à travers le monde, notamment dans les pays scandinaves et anglosaxons. C’est une méthode qui a fait ses preuves, notamment dans les administrations ou dans des situations de crise car elle permet d’apporter de l’agilité dans des temps restreints. Pour la crise d’Ebola par exemple, le gouvernement américain a travaillé avec cette méthode. Avec Open Tourisme Lab, nous l’avons utilisé à la Réunion pour la création d’une plateforme d’innovation touristique.

 

2) Le collectif gardois comportait plus de 20 participants à chaque atelier ? Vous attendiez-vous à une telle mobilisation ? Et quels sont les atouts de ce collectif ? Ou les freins d’un tel engouement ?

Je considère que c’est un succès. Il y avait une grosse attente de la part des participants à utiliser cette méthode et cette forte mobilisation témoigne de l’intérêt du collectif pour trouver de façon collaborative des solutions à cette crise. L’atout principal de la méthode, c’est d’amener de l’intelligence collective, le grand nombre a permis une belle créativité.

 

3) Une des forces de cette technique semble reposer sur la dimension participative et prise de décision collégiale. N’y a-t-il pas une force d’inertie inhérente à cette décision participative qui, en période de crise, peut être quelque peu un frein à la rapidité de la mise en œuvre des actions ?

Le dispositif mis en place à distance a bien sûr amené des contraintes, on a dû se limiter car les visioconférences ne nous permettaient pas de déployer tous les moyens. Mais le résultat est là, plus de 600 idées ont été récoltées en 5 ateliers organisés en 5 jours.  L’atout majeur de ce collectif réside dans le fait que les personnes qui participaient sont réellement des personnes opérationnelles, qui ont une grande connaissance du terrain, qui sont en contact direct soit avec la clientèle, soit avec les socio professionnels.

 

4) Le Gard est depuis longtemps positionné sur un tourisme responsable, durable, un tourisme qui permet aux divers territoires de vivre de cette manne économique et de proposer aux visiteurs des petites structures d’hébergements, des activités en petit nombre ? Ce positionnement a-t-il été perçu par les participants aux ateliers, comme un atout pour le Gard pour envisager le rebond ? Est-ce une force pour le Gard ?

C’est en effet un positionnement important mais il a besoin d’être partagé de façon plus affirmée. Aujourd’hui tous les éléments sont là, l’ADN du Gard c’est en effet celui-là, et les participants demandent que ce positionnement soit développé dans la stratégie partagée. C’est un atout majeur sur lequel il faudra que le Gard s’appuie, il faudra sensibiliser les acteurs pour créer des offres touristiques adéquates. Cette force là a été mise en avant dans les ateliers et retenue comme un axe à développer.

 

5)      Les solutions pour le rebond sont étroitement liées aux décisions gouvernementales, qui évoluent sans cesse. Ce sont donc des équations à plusieurs inconnues. Cette situation inédite n’a-t-elle pas été un frein à l’avancée des travaux ? N’a-t-elle pas découragé et inhibé les participants dans la recherche de solutions pour aider les socio professionnels du tourisme à travailler ?

Malgré cette situation inédite en effet, la méthodologie a permis de structurer la pensée, d’identifier les plans d’actions qui étaient en cours et voir ce qu’il convenait de mettre en place à courts, moyens et longs termes. D’identifier aussi ce qui ne relevait pas de l’action de Gard Tourisme, comme les mesures sanitaires par exemple. Dans une telle période on est dans la complexité, il faut donc un outil qui permette de créer du consensus tout en étant créatif, un outil qui permet de répondre à la complexité, d’avoir une pensée holistique pour mettre à profit ce travail collectif et apporter de la créativité. Les ateliers étaient très animés et foisonnant d’idées. Plusieurs scenarii ont été envisagés pour répondre au mieux aux attentes.

 

6) Vous qui êtes un professionnel de ces démarches participatives, que retirerez-vous de l’animation de ces journées ? Quels sont les plus grands atouts du Gard pour rebondir ?

Il faut que Gard Tourisme s’appuie sur ses démarches pour poursuivre ce travail collaboratif. Il s’agit de se mettre en ordre de bataille et transformer tout cela en preuves concrètes. Le plan d’action doit synthétiser les idées. Cet exercice a montré que les individus et les territoires étaient prêts à adopter ce nouvel état d’esprit, ce mode de travail et de collaboration, avec les partenaires mais aussi en interne. C’est une nouvelle culture d’entreprise qui doit émerger en lien avec le positionnement. Il s’agit de poursuivre les travaux. Le Gard a tous les atouts.

18/05/2020

INTERVIEW DE BENJAMIN SERVET - CHIEF DESIGN OFFICER À L'OPEN TOURISME LAB

Afin de faire émerger le plan d’actions de relance, la méthode design thinking a été déployée par Gard Tourisme et 5 ateliers ont été organisés en 5 jours début mai par Benjamin Servet, Chief Designer Officer à Open Tourism Lab. 20 participants, Offices de Tourisme, personnel de Gard Tourisme et Gîtes de France ont ainsi suivi ces ateliers.

Thématique des 5 ateliers :

  • Répondre à la crise
  • Générer des clients
  • Relancer la consommation locale
  • Accompagner la mise en marché BtoB
  • Préparer l’avenir

Découvrez ci-dessous l'interview de Benjamin Servet, Chief Designer à l'Open Tourisme Lab


1) Vous venez d’animer avec le collectif Gard Tourisme et les Offices de Tourisme du Gard divers ateliers, selon la méthode Design Thinking ? Pouvez-vous nous dire quels sont les avantages d’une telle méthode ? En quoi consiste-t-elle ?

La méthode design thinking est une méthode très efficace qui permet d’obtenir dans un délai court de bons résultats. Elle est composée de 3 phases bien distinctes, une première phase d’observation, d’écoute des problématiques, on identifie et on écoute, une phase d’idéation qui permet de regrouper les problématiques identifiées, transformer les idées en concept, et une dernière phase que l’on appelle d’implémentation où il s’agit d’être créatif, c’est la mise en œuvre.

Cette méthode est pragmatique et surtout permet une adéquation entre les décisions et l’engagement des moyens avec les besoins et attentes du territoire.

Ce que nous venons de pratiquer avec le Gard est pratiqué par de nombreuses institutions à travers le monde, notamment dans les pays scandinaves et anglosaxons. C’est une méthode qui a fait ses preuves, notamment dans les administrations ou dans des situations de crise car elle permet d’apporter de l’agilité dans des temps restreints. Pour la crise d’Ebola par exemple, le gouvernement américain a travaillé avec cette méthode. Avec Open Tourisme Lab, nous l’avons utilisé à la Réunion pour la création d’une plateforme d’innovation touristique.

 

2) Le collectif gardois comportait plus de 20 participants à chaque atelier ? Vous attendiez-vous à une telle mobilisation ? Et quels sont les atouts de ce collectif ? Ou les freins d’un tel engouement ?

Je considère que c’est un succès. Il y avait une grosse attente de la part des participants à utiliser cette méthode et cette forte mobilisation témoigne de l’intérêt du collectif pour trouver de façon collaborative des solutions à cette crise. L’atout principal de la méthode, c’est d’amener de l’intelligence collective, le grand nombre a permis une belle créativité.

 

3) Une des forces de cette technique semble reposer sur la dimension participative et prise de décision collégiale. N’y a-t-il pas une force d’inertie inhérente à cette décision participative qui, en période de crise, peut être quelque peu un frein à la rapidité de la mise en œuvre des actions ?

Le dispositif mis en place à distance a bien sûr amené des contraintes, on a dû se limiter car les visioconférences ne nous permettaient pas de déployer tous les moyens. Mais le résultat est là, plus de 600 idées ont été récoltées en 5 ateliers organisés en 5 jours.  L’atout majeur de ce collectif réside dans le fait que les personnes qui participaient sont réellement des personnes opérationnelles, qui ont une grande connaissance du terrain, qui sont en contact direct soit avec la clientèle, soit avec les socio professionnels.

 

4) Le Gard est depuis longtemps positionné sur un tourisme responsable, durable, un tourisme qui permet aux divers territoires de vivre de cette manne économique et de proposer aux visiteurs des petites structures d’hébergements, des activités en petit nombre ? Ce positionnement a-t-il été perçu par les participants aux ateliers, comme un atout pour le Gard pour envisager le rebond ? Est-ce une force pour le Gard ?

C’est en effet un positionnement important mais il a besoin d’être partagé de façon plus affirmée. Aujourd’hui tous les éléments sont là, l’ADN du Gard c’est en effet celui-là, et les participants demandent que ce positionnement soit développé dans la stratégie partagée. C’est un atout majeur sur lequel il faudra que le Gard s’appuie, il faudra sensibiliser les acteurs pour créer des offres touristiques adéquates. Cette force là a été mise en avant dans les ateliers et retenue comme un axe à développer.

 

5)      Les solutions pour le rebond sont étroitement liées aux décisions gouvernementales, qui évoluent sans cesse. Ce sont donc des équations à plusieurs inconnues. Cette situation inédite n’a-t-elle pas été un frein à l’avancée des travaux ? N’a-t-elle pas découragé et inhibé les participants dans la recherche de solutions pour aider les socio professionnels du tourisme à travailler ?

Malgré cette situation inédite en effet, la méthodologie a permis de structurer la pensée, d’identifier les plans d’actions qui étaient en cours et voir ce qu’il convenait de mettre en place à courts, moyens et longs termes. D’identifier aussi ce qui ne relevait pas de l’action de Gard Tourisme, comme les mesures sanitaires par exemple. Dans une telle période on est dans la complexité, il faut donc un outil qui permette de créer du consensus tout en étant créatif, un outil qui permet de répondre à la complexité, d’avoir une pensée holistique pour mettre à profit ce travail collectif et apporter de la créativité. Les ateliers étaient très animés et foisonnant d’idées. Plusieurs scenarii ont été envisagés pour répondre au mieux aux attentes.

 

6) Vous qui êtes un professionnel de ces démarches participatives, que retirerez-vous de l’animation de ces journées ? Quels sont les plus grands atouts du Gard pour rebondir ?

Il faut que Gard Tourisme s’appuie sur ses démarches pour poursuivre ce travail collaboratif. Il s’agit de se mettre en ordre de bataille et transformer tout cela en preuves concrètes. Le plan d’action doit synthétiser les idées. Cet exercice a montré que les individus et les territoires étaient prêts à adopter ce nouvel état d’esprit, ce mode de travail et de collaboration, avec les partenaires mais aussi en interne. C’est une nouvelle culture d’entreprise qui doit émerger en lien avec le positionnement. Il s’agit de poursuivre les travaux. Le Gard a tous les atouts.

18/05/2020

INTERVIEW DE BENJAMIN SERVET - CHIEF DESIGN OFFICER À L'OPEN TOURISME LAB

Afin de faire émerger le plan d’actions de relance, la méthode design thinking a été déployée par Gard Tourisme et 5 ateliers ont été organisés en 5 jours début mai par Benjamin Servet, Chief Designer Officer à Open Tourism Lab. 20 participants, Offices de Tourisme, personnel de Gard Tourisme et Gîtes de France ont ainsi suivi ces ateliers.

Thématique des 5 ateliers :

  • Répondre à la crise
  • Générer des clients
  • Relancer la consommation locale
  • Accompagner la mise en marché BtoB
  • Préparer l’avenir

Découvrez ci-dessous l'interview de Benjamin Servet, Chief Designer à l'Open Tourisme Lab


1) Vous venez d’animer avec le collectif Gard Tourisme et les Offices de Tourisme du Gard divers ateliers, selon la méthode Design Thinking ? Pouvez-vous nous dire quels sont les avantages d’une telle méthode ? En quoi consiste-t-elle ?

La méthode design thinking est une méthode très efficace qui permet d’obtenir dans un délai court de bons résultats. Elle est composée de 3 phases bien distinctes, une première phase d’observation, d’écoute des problématiques, on identifie et on écoute, une phase d’idéation qui permet de regrouper les problématiques identifiées, transformer les idées en concept, et une dernière phase que l’on appelle d’implémentation où il s’agit d’être créatif, c’est la mise en œuvre.

Cette méthode est pragmatique et surtout permet une adéquation entre les décisions et l’engagement des moyens avec les besoins et attentes du territoire.

Ce que nous venons de pratiquer avec le Gard est pratiqué par de nombreuses institutions à travers le monde, notamment dans les pays scandinaves et anglosaxons. C’est une méthode qui a fait ses preuves, notamment dans les administrations ou dans des situations de crise car elle permet d’apporter de l’agilité dans des temps restreints. Pour la crise d’Ebola par exemple, le gouvernement américain a travaillé avec cette méthode. Avec Open Tourisme Lab, nous l’avons utilisé à la Réunion pour la création d’une plateforme d’innovation touristique.

 

2) Le collectif gardois comportait plus de 20 participants à chaque atelier ? Vous attendiez-vous à une telle mobilisation ? Et quels sont les atouts de ce collectif ? Ou les freins d’un tel engouement ?

Je considère que c’est un succès. Il y avait une grosse attente de la part des participants à utiliser cette méthode et cette forte mobilisation témoigne de l’intérêt du collectif pour trouver de façon collaborative des solutions à cette crise. L’atout principal de la méthode, c’est d’amener de l’intelligence collective, le grand nombre a permis une belle créativité.

 

3) Une des forces de cette technique semble reposer sur la dimension participative et prise de décision collégiale. N’y a-t-il pas une force d’inertie inhérente à cette décision participative qui, en période de crise, peut être quelque peu un frein à la rapidité de la mise en œuvre des actions ?

Le dispositif mis en place à distance a bien sûr amené des contraintes, on a dû se limiter car les visioconférences ne nous permettaient pas de déployer tous les moyens. Mais le résultat est là, plus de 600 idées ont été récoltées en 5 ateliers organisés en 5 jours.  L’atout majeur de ce collectif réside dans le fait que les personnes qui participaient sont réellement des personnes opérationnelles, qui ont une grande connaissance du terrain, qui sont en contact direct soit avec la clientèle, soit avec les socio professionnels.

 

4) Le Gard est depuis longtemps positionné sur un tourisme responsable, durable, un tourisme qui permet aux divers territoires de vivre de cette manne économique et de proposer aux visiteurs des petites structures d’hébergements, des activités en petit nombre ? Ce positionnement a-t-il été perçu par les participants aux ateliers, comme un atout pour le Gard pour envisager le rebond ? Est-ce une force pour le Gard ?

C’est en effet un positionnement important mais il a besoin d’être partagé de façon plus affirmée. Aujourd’hui tous les éléments sont là, l’ADN du Gard c’est en effet celui-là, et les participants demandent que ce positionnement soit développé dans la stratégie partagée. C’est un atout majeur sur lequel il faudra que le Gard s’appuie, il faudra sensibiliser les acteurs pour créer des offres touristiques adéquates. Cette force là a été mise en avant dans les ateliers et retenue comme un axe à développer.

 

5)      Les solutions pour le rebond sont étroitement liées aux décisions gouvernementales, qui évoluent sans cesse. Ce sont donc des équations à plusieurs inconnues. Cette situation inédite n’a-t-elle pas été un frein à l’avancée des travaux ? N’a-t-elle pas découragé et inhibé les participants dans la recherche de solutions pour aider les socio professionnels du tourisme à travailler ?

Malgré cette situation inédite en effet, la méthodologie a permis de structurer la pensée, d’identifier les plans d’actions qui étaient en cours et voir ce qu’il convenait de mettre en place à courts, moyens et longs termes. D’identifier aussi ce qui ne relevait pas de l’action de Gard Tourisme, comme les mesures sanitaires par exemple. Dans une telle période on est dans la complexité, il faut donc un outil qui permette de créer du consensus tout en étant créatif, un outil qui permet de répondre à la complexité, d’avoir une pensée holistique pour mettre à profit ce travail collectif et apporter de la créativité. Les ateliers étaient très animés et foisonnant d’idées. Plusieurs scenarii ont été envisagés pour répondre au mieux aux attentes.

 

6) Vous qui êtes un professionnel de ces démarches participatives, que retirerez-vous de l’animation de ces journées ? Quels sont les plus grands atouts du Gard pour rebondir ?

Il faut que Gard Tourisme s’appuie sur ses démarches pour poursuivre ce travail collaboratif. Il s’agit de se mettre en ordre de bataille et transformer tout cela en preuves concrètes. Le plan d’action doit synthétiser les idées. Cet exercice a montré que les individus et les territoires étaient prêts à adopter ce nouvel état d’esprit, ce mode de travail et de collaboration, avec les partenaires mais aussi en interne. C’est une nouvelle culture d’entreprise qui doit émerger en lien avec le positionnement. Il s’agit de poursuivre les travaux. Le Gard a tous les atouts.